Souffrance des soignants

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Un modèle psycho-social

La souffrance des soignants sera abordée à travers le modèle stress/coping/burnout.

Dans le cadre des soins palliatifs, la souffrance des soignants est une variable à prendre en compte : plus le soignant est en santé, plus la prise en charge du patient en fin de vie et de sa famille sera de qualité.

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Les prédicteurs du coping

Les ressources personnelles(hardiesse, anxiété-trait, estime de soi, résilience…)

Les ressources de l’environnement (stresseurs au travail, soutien social…)

1. Les facteurs personnels

A) L’estime de soi

  • Dimension importante de l’identité personnelle
  • Ensemble d’attitudes et d’opinions que les individus mettent en jeu dans leur rapport avec le monde
  • Facteur motivationnel pouvant favoriser la réalisation personnelle et l’adaptation à la réalité sociale
  • Moteur de l’activité sociale en tant que source de satisfaction, de sécurité, consciente ou inconsciente, à connotation affective,positive ou négative, étroitement liée à des processus cognitifs.

B) La hardiesse

La hardiesse est une caractéristique de la personnalité qui permettrait à la personne de rester en santé malgré la présence de nombreux stresseurs.

Le concept de hardiesse se définit à partir de 3 dimensions :

  • La maîtrise (contrôle de soi)
  • Le défi (enthousiasme devant le changement)
  • L’engagement (expression du développement potentiel)

C) le Burn out

L’état de souffrance extrême du soignant est défini par le concept de burnout ou d’épuisement professionnel, véritable usure émotionnelle, mentale ou physique.

D) Processus

Epuisement émotionnel (vient de la relation d’aide)—> Relation dépersonnalisée (pour se protéger)—>Sentiment de dévalorisation, baisse du sens de l’accomplissement personnel.

2. Les facteurs environnementaux

A) Les stresseurs au travail

Environnement physique : Conditions de travail

Environnement psychologique

  • Confrontation à la mort et la morbidité
  • Manque de formation
  • Manque de soutien
  • Incertitude des traitements

Environnement social

  • Manque de reconnaissance des médecins et de la hiérarchie
  • Conflit avec les pairs.

B) Le Soutien social

Le soutien social joue un rôle dans la gestion des effets délétères du stress ainsi que dans l’état de bien-être physique et mental d’une personne.

Le concept de soutien social se définit par 4 dimensions  :

  • Le soutien social émotionnel
  • Le soutien d’estime
  • Le soutien informatif
  • Le soutien matériel et financier

Soutien social du superviseur

  • Me donne confiance au travail
  • Possibilité de lui demander conseil
  • Capacité à faire travailler les gens ensemble
  • Possibilité de lui demander de l’aide
  • Donner le temps aux employés pour le travail effectué

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Les causes institutionnelles

Ph. COLOMBAT

Parmi ces causes institutionnelles, nous distinguerons là encore un peu schématiquement les causes liées aux dysfonctionnements de la structure de soins elle-même (service, maison de retraite, secteur libéral) et les causes liées au système de soins ou de formation.

Causes liées aux dysfonctionnements de la structure de soins elle-même.

Très schématiquement, une structure peut être caractérisée par des zones de permanence et des zones de mouvance :

  • Au sein d'une équipe, les zones de permanence sont des repères pour chacun des membres de l'équipe, favorisant le besoin de sécurité de chacun, propices au développement d'un sentiment d'appartenance. Ainsi : le statut et le profil de poste de chacun ; le réseau d'organisation (l'organigramme), la planification des soins ; les réunions de service. Ces zones doivent être explicitées et renforcent la cohésion de l'équipe.
  • Au contraire, les zones de mouvance sont des causes de déstabilisation dans le fonctionnement de l'équipe : changement de personnel ; perturbation du rythme de travail liée à l'allégement ou à l'alourdissement de la charge de travail (accroissement du nombre de malades, arrêts de maladie...) ; manque de communication au sein de l'équipe ; conflits internes ; manque d'encouragement de l'encadrement ; mauvaise résolution des problèmes éthiques (arrêts des soins curatifs, transferts en réanimation). Ces zones doivent être clarifiées pour aider l'ensemble de l'équipe à trouver des solutions.
  • Sans reprendre ici les difficultés de relation interprofessionnelle, en particulier entre médecins et paramédicaux sur des problèmes éthiques comme l'acharnement thérapeutique, les transferts en réanimation..., nous insisterons sur des dysfonctionnements pouvant être à l'origine de stress, de souffrance puis d'épuisement professionnel. Nous insisterons sur le rôle de la charge de travail (nombre de malades, nombre d'actes techniques à réaliser), des changements de planning de dernière minute.

Causes liées au défaut du système de soins ou de formation

L'inadéquation du système de formation :

Probablement plus flagrant encore au niveau des études médicales que des écoles d'infirmières ou d'aides-soignantes. L'apprentissage de la prise en charge de la douleur vient être rendu obligatoire.

L'enseignement des Soins Palliatifs n'existe guère plus que dans la moitié des Facultés de Médecine. Quant à l'apprentissage de la relation soignant-soigné, très peu de facultés l'ont inclus dans leur programme de sept années et encore sous un volume de quelques heures, contrairement à ce qui se fait dans toutes les autres écoles professionnelles. Quant à la formation continue, elle devrait permettre des formations ciblées sur l'ensemble d'une équipe ou d'un service afin de permettre une mise à niveau homogène et complète.

L'inadéquation du modèle hospitalier :

Le premier contact des futurs médecins et des futurs paramédicaux avec l'hôpital se fait le plus souvent dans des stages de services hospitaliers ou hospitalo- universitaires. Or l'image actuelle est très loin d'une médecine personnalisée, faite d'écoute et de relation impliquante : la visite du "patron" suivie par une pléiade de personnes, les rapports hiérarchiques, l'absence de discussions, de réunions de service quand ce n'est "la chambre du malade qui va mal" qu'on évite !

L'inadéquation des structures de soins :

Cette inadéquation concerne les structures hospitalières et extrahospitalières.

  • Pour les structures hospitalières, le cloisonnement en départements, services, unités fonctionnelles où parfois les soignants s'évitent bien que se cotoyant chaque jour.
  • La compétition, voire parfois le dédain entre structures publiques et privées de la même spécialité, alors que la complémentarité permettrait de réduire les coûts de santé.
  • Les difficultés de communication entre services hospitaliers et médecins généralistes, souvent amenés à reprendre en charge un malade sortant de l'hôpital sans aucun renseignement.

L'inadéquation des structures de prise en charge des malades en fin de vie :

  • insuffisance des unités mobiles ou des unités d'hospitalisation de soins palliatif
  • insuffisance des structures de relais de moyen séjour à démarche palliative pour des malades ne pouvant rester longtemps hospitalisés dans des structures de soins aigus
  • nombre insuffisant de structures d'hospitalisation à domicile (HAD)
  • pour la prise en charge de malades en fin de vie à domicile en dehors des HAD, l'insuffisance des structures de soins à domicile, le non-remboursement des frais de garde-malades, de certains matériels, les actes itératifs des infirmières peu compatibles avec certains quotas...

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